Bonjour,

et bienvenue sur cette page dédiée à celles et ceux qui s’intéressent au side-car, sans avoir encore pratiquer ; aux « primo side-caristes » comme je les appelle.

Il y a de multiples raisons pour s’intéresser au side-car et aussi un argument « massue » pour vous en détourner :

« avec le side-car, tu cumules les inconvénients de la moto et de la voiture ! »

Disons-le sans contour, il faudrait être un « peine-à-jouir » pour ne pas se faire plaisir à conduire un véhicule qui vire à plat et dont le rapport poids/puissance peut atteindre celui d’une voiture de 600 CV (170 CV pour 400 kg sur circuit bien sûr).

Cette notion de plaisir de conduire nous fait entrer dans le cœur du sujet : vous vous intéressez au side-car et vous êtes sur cette page car vous êtes un conducteur ou une conductrice émérite, vous aimez conduire, comprendre le véhicule que vous conduisez, comment il réagit ou se déforme sous les effets de charge ou les irrégularités de la chaussée. Vous êtes capable de rouler pendant des heures entières et avaler des centaines de kilomètres, sans jamais vous endormir, comme on regarde un feu brûler dans une cheminée sans se lasser.

Savez-vous que parmi mes clients, bon nombre sont routiers ou conducteurs d’engins de chantier ou encore conducteurs de train ? C’est pas un hasard. La conduite demande un feeling particulier que nous avons sans le savoir, on naît et on vit avec ; c’est un plus que ceux qui ne possèdent pas ne peuvent pas comprendre.

Ensuite, on peut faire l’inventaire des avantages d’un side-car ; ils sont nombreux :

La capacité à transporter un troisième passager, un enfant en bas âge, un chien, des bagages, etc. Je me souviens de la tête d’un copain me voyant sortir d’un supermarché avec un caddie rempli et mon casque : « et tu comptes faire comment pour rentrer chez toi ? » hilare, pensant que j’étais en moto…

Pour répondre à une question récurrente, il n’existe pas de limite d’âge pour les enfants, tout comme de réglementation concernant les ceintures de sécurité dans un side-car ; de ce point de vue, le side-car est un véhicule qui inspire la liberté, passe entre les gouttes acides de la réglementation aseptisante, et du même coup, invite à une responsabilisation régénérante. Quand vous transportez des passagers en side-car, vous ne pouvez pas oublier les conséquences que pourrait avoir une conduite légère, la sécurité vous préoccupe au plus haut point. C’est un mode de transport qui vous ramène aux vrais dangers de la circulation, à contre-courant de la sécurité passive et de ses acronymes (ABS, ASR, etc.). Le side-car vous met en mode « sécurité active » naturellement, vous ramène à des vraies valeurs oubliées qui rappellent celles des motards des années « 60 ».



En side-car, vous oubliez l’intérêt de remonter une file de voitures en attente, de doubler en bordant la ligne blanche en levant la jambe (pour dire quoi ?) ; vous prenez le temps d’attendre quand c’est nécessaire, vous voyez la moto autrement, comme un art de vivre et non pas comme un moyen de se déplacer rapide, et ça va dans le bon sens au regard de la législation ; c’est tout le paradoxe du side-car.

La stabilité au moment de poser le pied par terre ou simplement en sortie de garage ou de parking : en side-car, vous poussez ou vous tirez mais sans effort pour maintenir la machine debout. A ce propos, toujours se garer sur un parking en dévers en se laissant reculer dans le sens de la pente ; au moment de repartir, vous démarrer sans manœuvre ni effort. On se fait tous avoir une fois ou deux, et puis on apprend vite. De même, toujours laisser une vitesse en situation de stationnement, qui fait fonction de frein à main. Ce sont des automatismes qu’on acquiert vite. Ensuite cette stabilité « statique » ou dans les manœuvres à l’arrêt, devient sécurité en dynamique ; vous ne craignez plus de glisser de la roue avant, et c’est un soulagement pour bon nombre d’entre-nous. Pouvoir mettre gaz en gérant la dérive sans crainte de se « gaufrer », c’est tout bonus pour les joueurs.

Le jeu pour celles ou ceux qui aiment mettre un véhicule en dérive : c’est plus facile dans les gauches. Conduire un side-car, c’est comme conduire un quad : on tourne le guidon à droite pour aller à droite et de l’autre côté pour aller à gauche, simple comme « bonjour » sauf que l’unique roue motrice est à gauche. Le charme de conduire un side-car réside encore ici : faire d’un handicap une qualité (encore un paradoxe).

Comme la roue motrice est à gauche, on va aborder un virage à droite en sous-régime, à une vitesse inférieure à ce qui semble possible, puis tout en tirant le guidon à droite, on va garder un filet de gaz et au mieux ré-accélérer un peu, au point de mettre de la motricité sur la roue arrière et ainsi permettre à la moto de « tourner autour » du side-car qui est une masse morte. Avec l’habitude, on détectera le point d’équilibre, le moment où la roue du panier ne porte plus sans pour autant se détacher de la route ; à ce moment-là, vous pouvez ouvrir en grand sans risquer de « se mettre sur 2 roues ». Car c’est le grand danger : se mettre sur 2 roues et devoir élargir le virage pour contrôler au point de se déporter à gauche avec toutes les conséquences désastreuses.

Pour éviter les réactions néfastes à ce genre de situation, il est fortement conseillé de pratiquer le side-car « sur 2 roues », le faire dans des conditions de sécurité, en dehors du champ de la circulation, sur un parking désert par exemple. On tourne en ronds serrés dans le sens des aiguilles d’une montre, le side-car à l’intérieur, lentement puis en accélérant jusqu’à ressentir le délestage de la roue du panier. Le pratiquer fréquemment et spontanément vous permettra d’avoir la bonne réaction en condition de circulation : ne jamais freiner de l’avant, et pour certains side-cars freiner au pied les font redescendre ; avec l’habitude encore une fois, vous armerez le pied droit dans tous les virages à droite pour être prêt à appuyer à tout moment.



Et les virages à gauche ? c’est à peu près le contraire ! vous abordez le virage sans couper jusqu’à vous faire peur, puis coupez brutalement les gaz pour profiter au mieux du frein moteur qui va passer par la seule roue motrice, tout en tirant le guidon à gauche ; à ce moment-là, le side-car et sa roue folle forment toujours la même masse morte qui par inertie, va dépasser la moto et tourner à son tour « autour de la moto ». Dans le même temps, un transfert de charge se fait sur la roue du side-car dont le pincement va gaiement nous envoyer à gauche, nous aider à virer.

On pourrait y ajouter l’influence des freins ; si le side-car est freiné, avec l’avant ou l’arrière, ou les deux, et l’équilibrage de leur action sur la moto et le side-car. Pour parler de mes side-cars par exemple, ils sont toujours ou presque freinés avec l’avant et l’arrière par deux pinces de frein sur le disque de la roue du panier, mais leur efficacité est différente : le frein avant freine moins le side-car que la moto et l’inverse pour l’arrière. Au point que le fin de la technique pour aborder un rond-point, est d’entrer en pinçant l’arrière pour tirer légèrement la moto côté side-car, puis se laisser couler en pinçant l’avant tout en conservant un peu de gaz pour arrondir la trajectoire, avant de tout lâcher en remettant « gaz » pour en sortir. Inutile de dire que ces notions passent au-dessus de la tête du « motard solo de base ».

Ainsi on comprend mieux comment des caractéristiques techniques à priori négatives, se transforment en qualités quand elles sont bien utilisées. A ma connaissance, c’est le seul véhicule qui vire différemment à gauche et droite. Bien sûr, il faut du temps et de la distance pour que toutes ces nuances se mettent en place et votre premier parcours en side-car vous fatiguera au point de vous demander « quelle ânerie j’ai pas faite en achetant un side-car ? ». C’est pour cette raison qu’il est bien venu de faire une formation à la conduite « Iniside » par exemple, dont vous trouverez les coordonnées dans la page « liens » de ce site. Un stage vous permettra de vous initier et de parler « side-car » durant tout un week-end ; après ça, vous aurez une meilleure connaissance des différents types de side-car sportif, touristique, ludique, etc. tout en ayant acquis les bases de la conduite. C’est tout bonus.

Après tout ce qui est dit ici, j’espère ne pas vous avoir ennuyé mais vous avoir donné l’envie d’aller plus loin dans votre démarche, et motiver votre intérêt envers le side-car qui procure un plaisir sans pareil.

A bientôt, Pierre-jean Dedôme.